le besoin


  PREMIÈRE PARTIE 

  LES DIX ILLUSIONS DE L’HOMME


  UN. Illusion du besoin. 

  Voici la Première Illusion: LE BESOIN EXISTE.
 C’est non seulement la première illusion mais aussi la plus grandiose. Elle soutient toutes les autres. Tout ce que vous vivez actuellement, tout ce que vous ressentez maintenant s’enracine dans cette idée et dans vos pensées à cet égard.

  Le besoin n’existe nulle part dans l’univers. On n’a besoin de quelque chose que si l’on exige un résultat précis. Or l’univers ne réclame aucun résultat précis puisque l’Univers EST le résultat. De même le besoin n’existe pas dans l’esprit de Dieu. Dieu n’aurait besoin de quelque chose que s’il exigeait un résultat précis, or Dieu n’en revendique aucun. Dieu est ce qui produit tous les résultats.  Si Dieu imposait un résultat, où l’obtiendrait-il en dehors de lui? Rien n’est en dehors de Dieu: Dieu est tout ce qui est, tout ce qui fut et tout ce qui sera. Rien n’existe qui ne soit Dieu.
  Vous pouvez remplacer le mot Dieu par le mot Vie, ces deux termes sont interchangeables, cela ne changera pas le sens mais accroîtra votre compréhension: rien n’existe en dehors de la Vie. Si la Vie avait besoin d’un résultat où l’obtiendrait-elle? Puisque rien n’est en dehors d’elle, la Vie est tout ce qui fut, tout ce qui est et tout ce qui sera.
  Dieu n’a besoin de rien d’autre que ce qui est en train de se produire, la Vie n’a besoin de rien d’autre que ce qui est en train de se produire, l’Univers n’a besoin de rien d’autre que ce qui est en train de se produire.
  C’est dans la marche des choses. C’est vraiment ainsi que cela se passe et non comme vous l’avez imaginé. En imagination, vous avez créé l’idée du Besoin, après avoir eu besoin de choses pour survivre. Mais supposons qu’il vous importe peu de vivre ou de mourir, de quoi auriez-vous besoin alors? De rien du tout. 
  En supposant qu’il vous soit impossible de ne pas vivre, de quoi auriez-vous besoin alors? De rien du tout.
  Et voici donc la vérité en ce qui vous concerne: il vous est impossible de ne pas survivre. Vous ne pouvez pas ne pas survivre. La question n’est pas de savoir si vous vivrez mais comment. C’est à dire quelle forme prendrez-vous? Quelle sera votre expérience?
  Je vous dis ceci: vous n’avez besoin de rien pour survivre. Votre survie est garantie. Je vous ai donné la vie éternelle et je ne vous l’ai jamais enlevée.
  Là-dessus, vous répliquerez peut-être: oui, mais la survie est une chose et le bonheur en est une autre. Vous vous imaginez peut-être avoir besoin de quelque chose afin de survivre heureux – de ne pouvoir être heureux qu’à certaines conditions. Ce n’est pas vrai, mais vous l’avez cru. Et parce que la croyance produit l’expérience, vous avez vécu ainsi et avez imaginé un Dieu qui devait, lui aussi, vivre ainsi. Mais ce n’est pas plus vrai pour Dieu que pour vous. La seule différence, c’est que Dieu le sait.
  Lorsque vous le saurez, vous serez semblable à Dieu. Vous aurez maîtrisé la vie et toute votre réalité changera. 
  Voici donc un grand secret: le bonheur ne résulte pas de certaines conditions, mais certaines conditions, elles, résultent du bonheur. C’est là une affirmation si importante qu’elle vaut la peine d’être répétée: le bonheur ne résulte pas de certaines conditions, mais certaines conditions, elles, résultent du bonheur.
  Cette affirmation s’applique également à tous les autres états d’être: l’amour ne résulte pas de certaines conditions mais certaines conditions découlent de l’amour, la compassion ne résulte pas de certaines conditions mais certaines conditions dépendent d’elle, l’abondance ne résulte pas de certaines conditions, mais certaines conditions naissent de l’abondance. Et il en est ainsi de tout état d’être concevable. Il sera toujours vrai que l’Être précède et produit l’existence. 
  Parce que vous ne l’avez pas compris, vous avez supposé que certaines choses devaient arriver pour que vous soyez heureux – tout en imaginant un Dieu pour qui ce serait tout aussi vrai. Mais si Dieu est la «cause première», que peut-il y avoir que Dieu n’ait causé au départ? Et si Dieu est tout puissant, que peut-il se produire que Dieu n’ait choisi?
  Est-il possible que quelque chose survienne sans que Dieu ne puisse l’arrêter? Et si Dieu choisit de ne pas l’arrêter, l’évènement même n’est-il pas le choix de Dieu? Bien sûr que oui.
  Mais pourquoi Dieu choisirait-il qu’il se déroule des choses qui rendraient Dieu malheureux? La réponse, vous ne pouvez l’accepter: rien ne peut faire le malheur de Dieu!
  Vous ne pouvez pas le croire car cela nécessiterait de croire en un Dieu sans besoin ni jugement, et vous ne pouvez imaginer un tel Dieu car vous ne pouvez concevoir un tel humain. Vous ne pouvez vous imaginer vivre ainsi – et ne pouvez admettre de Dieu plus grand que vous.
  Lorsque vous comprendrez que vous pouvez vivre ainsi, vous saurez tout sur Dieu. Vous constaterez alors la véracité de votre seconde appréciation: Dieu n’est effectivement pas plus grand que vous. Comment pourrait-il l’être? Car Dieu est votre substance même, vous êtes la substance même de Dieu, et vous êtes plus grand que vous ne le croyez. 
  Les maîtres savent cela. Et il y a de tels êtres actuellement sur votre planète. Ils sont issus de maintes traditions, religions et cultures, mais ils ont tous quelque chose en commun: rien ne peut faire le malheur des maîtres. 
  A l’origine de la culture primitive, la plupart des hommes n’avait pas atteint cette espace de maîtrise. Leur seul désir était d’éviter le malheur ou la douleur. Comme ils avaient une conscience trop limitée pour comprendre que la douleur n’avait pas entraîné le malheur, leur stratégie de vie s’est élaborée autour de ce qu’on a plus tard appelé le principe du plaisir. Ils se sont dirigés vers ce qui leur procurait du plaisir et éloignés de ce qui les en privait (ou provoquait de la douleur). Ainsi est née la première illusion, l’idée que le Besoin existe. Ce fut ce qu’on pourrait appeler la première erreur. 
  Le besoin n’existe pas. C’est une fiction. En réalité, vous n’avez besoin de rien pour être heureux: le bonheur est un état d’esprit.
  Cela, les premiers humains n’étaient pas à même de le saisir. Et parce qu’ils avaient l’impression d’avoir besoin de certaines choses pour être heureux, ils supposaient qu’il en allait de même pour toute forme de Vie. Y compris la part de la Vie qu’ils percevaient comme une plus grande puissance: une puissance que des générations successives ont imaginée sous la forme d’un être vivant et désignée sous une grande variété de noms, tels Allah, Yahvé, Jéhovah et Dieu. 
  Les premiers hommes ont aisément conçu une puissance plus grande qu’eux. C’était en effet nécessaire. Il leur fallait expliquer des choses qui échappaient tout à fait à leur influence. L’erreur n’était pas de supposer l’existence d’un Dieu (la puissance combinée et l’énergie combinée de tout ce qui est), mais de croire que cette Puissance et cette Énergie totales puissent avoir besoin de quoi que ce soit. Que Dieu dépendait, pour ainsi dire, de quelque chose ou de quelqu’un d’autre pour être heureux ou satisfait, complet ou comblé. 
  C’était comme dire que la Plénitude n’était pas pleine. Qu’elle avait besoin de quelque chose pour la remplir. C’était une contradiction dans les termes – mais ils ne pouvaient pas voir cela. Encore aujourd’hui, beaucoup ne le voient toujours pas. 
  A partir de cette création d’un Dieu dépendant, les gens ont composé un récit culturel dans lequel Dieu avait un programme. Autrement dit, pour être heureux, Dieu veut que certaines choses arrivent, et il faut qu’elles soient de certaines façons. Les humains ont ensuite réduit ce récit culturel à un mythe qui s’est cristallisé sous cette forme: Que ta volonté soit faite.
  Cette idée de volonté divine vous a ensuite obligés à tenter d’imaginer ce qu’elle pouvait être. Et cet exercice vous a tout de suite permis de constater l’absence d’entente universelle, à cet égard, au sein de votre espèce. Et que, faute d’entente et de connaissance universelle quant à la volonté de Dieu, il était impossible que tout le monde puisse l’ accomplir. 
  Les plus malins d’entre vous ont utilisé ce raisonnement pour expliquer pourquoi certaines personnes semblaient vivre mieux que d’autres. Mais vous avez alors engendré une nouvelle question: Comment serait-il possible que la volonté de Dieu ne soit pas faite, si Dieu est vraiment Dieu? 
  Il y avait clairement une faille dans cette Première Illusion. Elle aurait dû révéler la fausseté de l’idée de besoin. Mais les humains savaient très profondément qu’ils ne pouvaient abandonner l’illusion, sous peine de voir alors la fin de quelque chose d’essentiel. 
  Une fois de plus, ils avaient raison. Mais une fois encore, ils commirent une erreur. Au lieu de voir l’Illusion en tant qu’illusion et de l’utiliser aux fins auxquelles elle était destinée, ils crurent devoir en corriger la faille. Ce fut donc pour réparer la faille de cette Première Illusion que fut créée la Deuxième Illusion.


  La deuxième illusion: l’Échec existe …